
Ouzbékistan
Samarcande
Samarcande juxtapose la ville de Tamerlan et celle du tsar
Jours Commencez par le programme de base, puis choisissez les prolongements selon votre temps.
Comment le guide arrive à ce chiffre
Consacrez le premier au Registan, à Gur-e-Amir, où se trouve le tombeau de Timur, et à la ville russe. Le second, réunissez Bibi-Khanym, le bazar de Siab, Shah-i-Zinda et le plateau d'Afrasiab, avec l'observatoire d'Ulugh Beg. Pour une visite d'une journée, entrez au Registan à 8 h, marchez jusqu'à Bibi-Khanym et arrêtez-vous au marché voisin pour déjeuner d'un osh avant 14 h. Terminez à Shah-i-Zinda, à 800 m du bazar. Les carreaux de céramique méritent le voyage et le temps de les regarder, même si beaucoup ont été refaits au XXe siècle lors de la restauration soviétique. La promenade de 2018–2019 masque la vie des mahallas, qui commence une rue plus loin : entrez le matin, même sans panneau. Pour sortir le soir, le choix est limité : vers 22 h, le centre se vide et il reste les braises des shashliks.
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Quand Avril–mai et septembre–octobre, avec des maximales de 20–28 °C et presque pas de pluie
Comment le guide arrive à ce chiffre
Avril et mai sont la meilleure fenêtre : 20–28 °C, abricotiers et grenadiers en fleur, tout est ouvert. Septembre et octobre offrent le même climat et y ajoutent la récolte : melons, raisins et abricots secs envahissent le bazar de Siab, et l’allée des fruits change d’odeur d’une semaine à l’autre. De juin à août, il fait 35–40 °C, sous un ciel sans nuage et sans la moindre ombre sur la place du Régistan ; si vous venez à cette période, visitez les monuments de 7 h à 10 h et revenez après 18 h. De décembre à février, la température reste entre 0 et 8 °C, avec de la neige quelques fois par hiver, des hôtels à moitié prix et des nécropoles presque vides. Prenez un vrai manteau, car le chauffage n’est pas toujours fiable. Mars apporte Navrouz, le 21, et le plus gros mouvement de voyageurs ouzbeks de l’année, avec un temps instable. Juillet est le mois que j’éviterais.
Par personne/jour 25–35 US$ pour le basique ; 60–90 US$ avec un hôtel de milieu de gamme et des taxis (2026)
Comment le guide arrive à ce chiffre
Par personne et par jour : hébergement, repas, transports urbains, visites et petite marge pour les extras. Vols exclus ; achats importants variables. Estimation éditoriale, pas un devis.
Ce qu’en pense NiloPrévoyez deux jours pour voir les ensembles de Samarcande sans courir d'une cour à l'autre. Consacrez le premier au Registan, à Gur-e-Amir, où se trouve le tombeau de Timur, et à la ville russe. Le second, réunissez Bibi-Khanym, le bazar de Siab, Shah-i-Zinda et le plateau d'Afrasiab, avec l'observatoire d'Ulugh Beg. Pour une visite d'une journée, entrez au Registan à 8 h, marchez jusqu'à Bibi-Khanym et arrêtez-vous au marché voisin pour déjeuner d'un osh avant 14 h. Terminez à Shah-i-Zinda, à 800 m du bazar. Les carreaux de céramique méritent le voyage et le temps de les regarder, même si beaucoup ont été refaits au XXe siècle lors de la restauration soviétique. La promenade de 2018–2019 masque la vie des mahallas, qui commence une rue plus loin : entrez le matin, même sans panneau. Pour sortir le soir, le choix est limité : vers 22 h, le centre se vide et il reste les braises des shashliks.Trois madrasas couvertes de faïence bleue ferment la place du Régistan, et c'est pour elle qu'on vient à Samarcande. La ville a été la capitale de l'empire de Tamerlan à partir de 1370, et ce que lui et ses successeurs ont bâti tient toujours debout : le tombeau de Tamerlan sous la coupole côtelée de Gour-Emir, la mosquée Bibi-Khanym et la Chah-i-Zinda, une allée de mausolées à la faïence la mieux conservée de la ville. À côté des monuments, deux autres villes restent habitées, les mahallas de langue tadjike et les avenues de platanes du tracé russe de 1871, où la fabrique Khovrenko produit du vin depuis 1868. Au bazar de Siab, le non estampé sort chaud du tandyr : posez-le toujours tampon vers le haut et rompez-le à la main, jamais au couteau. À table, le plov de Samarcande arrive en couches, avec la viande dessus, et le chachlik grillé est le dîner de la ville. Venez en avril et mai ou en septembre et octobre, avec 20 à 28 °C, et prévoyez deux jours.
Fiche rapide
- Population
- environ 595 000 dans la ville (janvier 2025) ; environ 1,3 million dans l'agglomération : troisième du pays
- Fondation
- VIIe s. av. J.-C. sous le nom de Marakanda, sur le plateau d'Afrasiab ; refondée au sud du site ancien après 1220
- Pays et région
- Ouzbékistan, province de Samarcande, vallée du Zeravchan, Asie centrale
- Langue
- Ouzbek (officiel, alphabet latin depuis 1993), tadjik dans les mahallas anciennes, russe comme langue de comptoir
- Monnaie
- Som ouzbek (UZS) ; environ 11 800 som pour un dollar en 2026
- Fuseau horaire
- UTC+5, sans heure d'été
- Meilleure période
- Avril–mai et septembre–octobre, avec des maximales de 20–28 °C et presque pas de pluie
- Coût moyen par jour
- 25–35 US$ pour le basique ; 60–90 US$ avec un hôtel de milieu de gamme et des taxis (2026)
Quand y aller
Avril–mai et septembre–octobre, avec des maximales de 20–28 °C et presque pas de pluie
janvier
-1° à 7°C
41 mm de pluie
février
0° à 10°C
52 mm de pluie
mars
5° à 15°C
73 mm de pluie
juin
18° à 33°C
7 mm de pluie
juillet
20° à 35°C
2 mm de pluie
août
18° à 33°C
2 mm de pluie
novembre
3° à 15°C
40 mm de pluie
décembre
0° à 9°C
39 mm de pluie
Ce qui change au fil de l’année
Avril et mai sont la meilleure fenêtre : 20–28 °C, abricotiers et grenadiers en fleur, tout est ouvert. Septembre et octobre offrent le même climat et y ajoutent la récolte : melons, raisins et abricots secs envahissent le bazar de Siab, et l’allée des fruits change d’odeur d’une semaine à l’autre. De juin à août, il fait 35–40 °C, sous un ciel sans nuage et sans la moindre ombre sur la place du Régistan ; si vous venez à cette période, visitez les monuments de 7 h à 10 h et revenez après 18 h. De décembre à février, la température reste entre 0 et 8 °C, avec de la neige quelques fois par hiver, des hôtels à moitié prix et des nécropoles presque vides. Prenez un vrai manteau, car le chauffage n’est pas toujours fiable. Mars apporte Navrouz, le 21, et le plus gros mouvement de voyageurs ouzbeks de l’année, avec un temps instable. Juillet est le mois que j’éviterais.
Les mêmes chiffres en tableau
| Mois | Température °C | Pluie mm |
|---|---|---|
| janvier | -1 à 7 | 41 |
| février | 0 à 10 | 52 |
| mars | 5 à 15 | 73 |
| avril · | 10 à 22 | 63 |
| mai · | 14 à 27 | 40 |
| juin | 18 à 33 | 7 |
| juillet | 20 à 35 | 2 |
| août | 18 à 33 | 2 |
| septembre · | 14 à 29 | 3 |
| octobre · | 8 à 22 | 16 |
| novembre | 3 à 15 | 40 |
| décembre | 0 à 9 | 39 |
Les conseils de Nilo
Le billet du Régistan vaut toute la journée
Comme ça, vous pouvez entrer à 8 h, avant la chaleur et les groupes, et revenir sur la place en fin d'après-midi. Le billet coûte environ 100 000 som (2026). Gardez-le et revenez vers 18 h 30, du côté de la madrasa d'Ulugh Beg, quand la lumière frappe de plein fouet les deux façades d'en face.
Au Siab, achetez le pain avant 7 h, quand la fournée est encore chaude
Le bazar de Siab ouvre vers 6 h, et le non estampé sort chaud du tandyr très tôt. Achetez avant 7 h, car à 10 h la bonne fournée est déjà partie. Aux étals de fruits secs, goûtez avant de prendre le kilo : le vendeur s’y attend, et ce qui est étrange, c’est de ne pas goûter.
Déjeunez d'un plov avant 14 h, quand la marmite est vide
L'osh de Samarcande est un plat du déjeuner, et après 14 h la marmite est vide et on n'en refait pas. Dans une oshxona de quartier, à Bogishamol ou dans les microdistricts, l'assiette coûte 30 000 à 50 000 som et le repas complet 40 000 à 70 000, alors que dans un restaurant pour touristes du centre l'addition grimpe entre 100 000 et 200 000. Le soir, sans plov, l'option, ce sont les chachliks grillés.
Achetez le train Afrosiyob deux semaines à l'avance
En haute saison, l'Afrosiyob est complet des semaines à l'avance, et le guichet la veille n'y changera rien : réservez votre place en ligne dès que vous avez la date. La classe économique coûte environ 300 000 som (2026). S'il n'y a plus de place, les trains plus lents mettent une heure de plus sur le même trajet et coûtent bien moins cher. La gare est à 5 km du Régistan : arrivez avec Yandex Go ouvert.
De 12 h à 16 h en été, attendez la fin de la chaleur dans une tchaïkhana
Entre midi et quatre heures de l'après-midi, en juillet et août, la rue est à 35–40 °C d'air sec, et il n'y a aucune ombre sur le Régistan. Passez ces heures dans une tchaïkhana, où une théière à 5 000–10 000 som vous garantit la table tout l'après-midi, et ressortez quand le soleil baisse.
Allez au marché d'Urgut, à 45 km, le samedi ou le dimanche
Le marché de suzanis, de tissus et d'antiquités n'a lieu que ces deux jours-là, au sud-est de la ville, à environ 1 h de voiture. Partez à 7 h, car le marché se vide à midi et il ne reste ensuite que l'allée des objets en plastique. Le même jour, passez par le bosquet de Chor-Chinor, aux platanes vieux de plusieurs siècles, dont l'un est creux, et rentrez à temps pour la fin d'après-midi au Régistan.
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Samarcande : La vallée du Zeravchan et l'eau
Samarcande se trouve à environ 700 m d'altitude, sur des terrasses de la vallée du Zeravchan. L'eau est entièrement d'origine montagnarde et entièrement canalisée, et le canal Siab est la raison même de l'existence d'une ville à cet endroit.

Place du Régistan
Trois madrasas se faisant face : Ulugh Beg (1417–1420), Sher-Dor (1619–1636) et Tilya-Kori (1646–1660). La façade de la Sher-Dor porte des tigres avec des soleils sur le dos, des figures animales rares dans l'art islamique sunnite. L'entrée tourne autour de 100 000 som (2026) ; la salle dorée de la Tilya-Kori est l'intérieur le plus ouvragé de la ville.
La façade porte des tigres avec des soleils sur le dos. Ce sont des figures animales rares dans l'art islamique sunnite.
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Gour-Emir
Mausolée achevé en 1404 pour Muhammad Sultan, petit-fils défunt de Tamerlan, et occupé par Tamerlan lui-même en 1405. La coupole cannelée compte 64 nervures. La dalle de la tombe, en jade vert foncé, était un bloc unique jusqu'en 1740, quand Nadir Shah a tenté de l'emporter en Perse et qu'elle s'est brisée en deux ; la réparation est encore visible aujourd'hui. La sépulture a été ouverte par l'anthropologue Mikhaïl Guerassimov le 21 juin 1941.
Tamerlan a occupé en 1405 ce qui avait été achevé en 1404 pour Muhammad Sultan, sous la coupole cannelée de 64 nervures et sous la dalle de jade qui était un bloc unique jusqu'en 1740, année où Nadir Shah a tenté d'emporter cette dalle en Perse et où elle s'est brisée en deux, avec la réparation encore visible, et où Guerassimov a ouvert la sépulture le 21 juin 1941.
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Chah-i-Zinda
Ruelle en pente bordée de mausolées, du XIe au XIXe siècle, construite autour de la tombe de Koussam ibn Abbas, cousin du prophète Mahomet. C'est l'ensemble de céramique le mieux conservé de la ville. La coutume veut qu'on compte les marches à la montée et à la descente : si le compte tombe juste, c'est signe d'une personne honnête.
La ruelle escarpée de tombeaux, bâtie entre le XIe et le XIXe siècle autour de la tombe de Koussam ibn Abbas, cousin du prophète Mahomet, conserve la faïence la mieux conservée de la ville, et la coutume veut qu'on compte les marches à la montée et à la descente.
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Bazar de Siab
Le marché principal, à côté de Bibi-Khanym, sous une structure couverte des années 2000. C'est là qu'on achète le non tamponné encore chaud, l'abricot sec, le raisin sec vert, le kurt (petite boule de caillé séché et salé), le navat (cristal de sucre) et les épices. Le prix de la nourriture est fixe ; ça ouvre vers 6 h.
Le marché central, à côté de Bibi-Khanym et sous un toit construit dans les années 2000, est l'endroit où l'on trouve le non encore chaud, de l'abricot sec, du kurt de caillé salé, du navat et des épices ; le prix de la nourriture est fixe et l'ouverture se fait vers 6 h.
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Observatoire d'Ulugh Beg
Construit dans les années 1420 sur une colline au nord-est. Du sextant méridien de 40 m de rayon, il reste le tronçon creusé dans la roche, sur environ 11 m visibles. Le catalogue Zij-i Sultani (1437) a fixé 1 018 étoiles. Les ruines ont été identifiées en 1908 par Vassili Viatkine, enterré sur le site.
Du sextant, il reste le tronçon creusé dans la roche.
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Musée d'Afrasiab
Conserve les fresques sogdiennes du VIIe siècle découvertes en 1965 lors de travaux routiers : un mur entier avec des ambassadeurs chinois, coréens et turcs devant le roi Varkhuman. Il se trouve au bord du plateau où se dressait la ville ancienne, aujourd'hui un terrain vague qu'on peut parcourir.
Les peintures sogdiennes, du VIIe siècle, ont été trouvées en 1965 lors de l'ouverture d'une route, et un mur entier montre des Chinois, des Coréens et des Turcs en tant qu'ambassadeurs devant le roi Varkhuman.
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Mosquée Hazrat Khizr et mausolée d'Islam Karimov
La mosquée, en bordure sud d'Afrasiab, est une reconstruction du XIXe siècle sur des fondations du VIIIe siècle, avec la véranda de bois la plus photographiée de la ville. À côté se trouve la tombe d'Islam Karimov (1938–2016), premier président de l'Ouzbékistan, ouverte au public depuis 2017 et avec une file constante de visiteurs locaux.
Le kilomètre entre la place du Régistan et la mosquée Bibi-Khanym est devenu une rue piétonne en 2018 à 2019, avec boutiques, cafés et police touristique.
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Mausolée de Khoja Doniyor
Sur la rive du fleuve Siab, en contrebas d'Afrasiab. Abrite un cénotaphe de 18 m lié au prophète Daniel ; la légende locale dit que le corps continue de grandir, d'où l'allongement progressif du sarcophage. Visité par des musulmans, des chrétiens et des juifs, il a une source et un vieux mûrier à côté.
Sur la rive du fleuve Siab, en contrebas d'Afrasiab, se trouve un cénotaphe de 18 m lié au prophète Daniel ; le sarcophage a été allongé peu à peu parce que, dit-on, le corps ne cesse de grandir, et le lieu accueille musulmans, chrétiens et juifs, avec une source.
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Mosquée Bibi-Khanym
Érigée entre 1399 et 1404 avec le butin de la campagne d'Inde de Tamerlan. Trop ambitieuse pour l'ingénierie de l'époque, elle a commencé à s'effondrer en quelques décennies ; la reconstruction lourde date de 1974. Dans la cour se trouve le lutrin de marbre commandé par Ulugh Beg.
Ce qui est debout aujourd'hui est la lourde reconstruction menée à partir de 1974, et cela se voit de près. Vingt minutes suffisent, et le matin est préférable, quand la cour a encore de l'ombre.
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L’itinéraire de Nilo
Commencez par le programme de base, puis choisissez les prolongements selon votre temps.
Organiser mes journées dans l’app ↗Jour 1 · L'axe timouride
8 h : le Régistan à l'ouverture, avant la chaleur et les cars de touristes. Entrée autour de 100 000 som ; entrez dans la salle dorée de la Tilya-Kori et regardez les tigres-soleils de la façade de la Sher-Dor.
10 h 30 : Gour-Emir, à 900 m au sud-ouest. La dalle de jade vert sur la tombe de Tamerlan s'est brisée en deux en 1740, et la réparation est visible ; Ulugh Beg est enterré à côté. Passez au Rouhabad, des années 1380, à cent mètres.
Déjeunez d’un osh à 12 h 30 dans une oshxona de quartier : le plov de Samarcande se sert en couches, la viande sur le dessus, et il est épuisé à 14 h.
À la saison douce, promenez-vous à 15 h 30 dans la ville russe, le long d’Universitet xiyoboni, à l’ombre des platanes, puis goûtez les vins de la cave Khovrenko, ouverte en 1868. En été, reportez la promenade après 17 h et vérifiez si les horaires de la cave permettent de combiner les visites.
Revenez à 20 h au Régistan illuminé ; certains mois, un spectacle de lumière est projeté sur les trois façades.
Jour 2 · Afrasiab, le bazar et les étoiles
Commencez à 8 h par la mosquée Bibi-Khanym et repérez dans la cour le lutrin de marbre d’Ulugh Beg.
9 h 30 : bazar de Siab, de l'autre côté de la rue. Achetez de l'abricot sec, du navat, du kurt et un non tamponné à emporter, et goûtez avant de fixer le prix ; le pain chaud du tandyr est pour ceux qui arrivent avant 7 h.
11 h : Chah-i-Zinda, le corridor de mausolées du XIe au XIXe siècle autour de la tombe de Koussam ibn Abbas. Comptez les marches à la montée et à la descente.
À la saison douce, montez à 13 h à la mosquée Hazrat Khizr, au bord du plateau, puis visitez à côté le mausolée d’Islam Karimov (1938–2016). En été, évitez cet horaire : faites le parcours avant 10 h ou après 17 h, en vérifiant les horaires d’ouverture des deux sites.
Visitez à 16 h le musée d’Afrasiab, avec les peintures murales sogdiennes du VIIe siècle découvertes en 1965, et l’observatoire d’Ulugh Beg, avec l’arc du sextant creusé dans la roche.
Cuisine
Illustration par IANon de Samarcande (obi non)
Pain rond cuit collé à la paroi du tandyr, au centre creusé et tamponné au chekich, un sceau à pointes. Plus dense et plus salé que le non de Tachkent, il sèche sans moisir, ce qui lui a valu sa réputation de tenir des mois. On l'achète chaud au Siab, le matin.
Illustration par IAOsh (plov) de Samarcande
Différent de celui de Tachkent : le riz n'est pas mélangé, il reste en couches, avec de la carotte jaune et orange, des pois chiches, des raisins secs et la viande de mouton posée dessus au moment de servir. C'est un plat de midi : après 14 h, la marmite est vide.
Illustration par IAChachlik
Brochettes de mouton sur les braises, alternant viande et gras, et la version lula, hachée à l'oignon. Servies sur du pain, avec des rondelles d'oignon cru et du vinaigre. C'est le plat du soir, une fois les cantines du midi fermées.
Illustration par IASamsa
Chausson cuit collé à la paroi du tandyr, farci de mouton haché, d'oignon et de gras de queue. Ça sort par fournée ; attendez la suivante plutôt que d'acheter celui qui a refroidi. La version feuilletée est plus courante autour du bazar.
Illustration par IALagman
Nouilles étirées à la main, d'origine ouïghoure et doungane, servies en soupe (suyuq) ou sautées avec légumes et viande (quruq). C'est l'alternative quand le riz lasse, et souvent le plat le moins cher de la carte.
Illustration par IAManti et chuchvara
Grands raviolis cuits à la vapeur, au mouton et à l'oignon (manti), et petits raviolis servis en bouillon ou frits (chuchvara). Ils viennent avec du katyk, un yaourt acidulé, ou de la crème.
Illustration par IAKok choy et le rituel de la théière
Le thé vert est la norme en été, le noir en hiver. Celui qui sert verse l'infusion et la reverse dans la théière trois fois avant la première tasse, et remplit toujours la tasse à moitié. Une théière coûte 5 000–10 000 som et achète un temps de table illimité.
Illustration par IAFruits secs, kurt et halva
Abricots secs, raisins secs verts, kurt, les petites boules de caillé séché et salé, et halva sont les achats de bazar qui supportent le voyage retour : goûtez un morceau avant de fermer le sac.
Excursions à la journée

Chakhrisabz
85 km au sud, environ 2 h de voiture par le col de Takhtakaracha (1 675 m). Ville natale de Tamerlan : il reste le portail du palais Ak-Saray (1380–1405), d'environ 38 m, ainsi que l'ensemble Dorout Tilovat et le mausolée de Djahongir. Le taxi partagé part du terminal sud ; prévoyez la journée entière.

Ourgout
Urgut, à 45 km et à environ une heure de voiture, est la ville du marché du week-end, où l’on chine broderies suzani, tissus et objets anciens jusqu’à midi. Tout près se trouve le bosquet de Chor-Chinor, aux platanes centenaires.

Boukhara
270 km à l'ouest, 1 h 30 en Afrosiyob. Ça se fait en excursion d'une journée serrée, mais la vieille ville (Poi Kalan, Lyabi-Haouz, la forteresse de l'Ark et le mausolée samanide du Xe siècle) mérite au moins une nuit.
Par où commencer
L'axe timouride

8 h : le Régistan à l'ouverture, avant la chaleur et les cars de touristes. Entrée autour de 100 000 som ; entrez dans la salle dorée de la Tilya-Kori et regardez les tigres-soleils de la façade de la Sher-Dor.
Afrasiab, le bazar et les étoiles

Commencez à 8 h par la mosquée Bibi-Khanym et repérez dans la cour le lutrin de marbre d’Ulugh Beg.
Artisanat, villages et la dernière lumière

Allez à 9 h au village de Konigil, à 8 km au nord-est, où l’atelier Meros refait le papier de mûrier avec un moulin à eau, selon la technique du VIIIe siècle.
Argent
La monnaie est le som ouzbek (UZS), en billets de 1 000 à 200 000 : comptez les zéros calmement au comptoir. En 2026, le dollar vaut environ 11 800 som et le real brésilien près de 2 200 som (vérifiez la veille). Depuis la libéralisation du change de 2017, il n'y a plus de marché parallèle : changez dans une banque ou un bureau de change officiel et ignorez ceux qui proposent un meilleur taux dans la rue. Les distributeurs de Kapitalbank, NBU et Ipoteka acceptent Visa plus souvent que Mastercard, et certains délivrent des dollars. Les fourchettes réelles : thé et pain dans une tchaïkhana 10 000–15 000 som ; assiette de plov 30 000 à 50 000 ; repas dans une oshxona de quartier 40 000 à 70 000 ; dîner dans un restaurant pour touristes 100 000 à 200 000 ; maison d'hôtes avec petit-déjeuner 250 000 à 450 000 la nuit ; hôtel quatre étoiles 700 000 à 1,2 million. La carte fonctionne dans les hôtels et les restaurants du centre ; le bazar, le taxi de rue et la billetterie des monuments demandent des espèces. Il n'y a pas de tradition de pourboire, et les restaurants touristiques ajoutent déjà 10 % de service à l'addition.
Arriver et se déplacer

Aéroport : 6 km au nord-est, nouveau terminal depuis 2022
L’aéroport international de Samarcande (SKD) a un nouveau terminal depuis mars 2022, se trouve à environ 6 km au nord-est du centre et se rejoint en 15 à 20 minutes de taxi pour 30 000–50 000 som. Il y a des vols directs depuis Tachkent (1 h), Istanbul, Dubaï, Almaty, Moscou et Djeddah. L’arrivée la plus courante reste pourtant le train, et c’est celle que je choisirais : l’Afrosiyob (Talgo 250) relie Tachkent à Samarcande en 2 h 05 à 2 h 20, avec la classe économique autour de 300 000 som en 2026, et continue vers Boukhara en 1 h 30 de plus. Les trains Sharq et Registon font le même trajet en 3 h à 3 h 30 pour bien moins cher. Achetez à l’avance sur chipta.railway.uz ou dans l’application des chemins de fer. La gare est à environ 5 km à l’ouest du Régistan et impose un taxi à l’arrivée.
Bus et trams, deux mille soms le trajet
Des bus et des trams circulent dans la ville ; le service de tram a été inauguré en 2017. Le trajet coûte environ 2 000 soms, payables en espèces ou par carte au valideur, et il n’existe pas de billet touristique intégré. En pratique, presque tous les visiteurs utilisent Yandex Go : les courses urbaines coûtent de 12 à 25 mille soms, avec un tarif fixé avant de monter. Dans la rue, tout conducteur qui s’arrête quand vous levez la main peut faire taxi. Convenez toujours du prix avant le départ, jamais après. Le centre monumental se parcourt à pied : du Registan à Bibi-Khanym et au bazar de Siab, comptez environ 1 km de promenade piétonne, puis encore 800 m jusqu’à Shah-i-Zinda. Du Registan à Gur-e-Amir, c’est 900 m dans la direction opposée. Le vélo est rare et la circulation lui laisse peu de place ; en été, marchez avant 10 h et après 17 h, en évitant le milieu de la journée.
Sécurité
La criminalité violente est très faible à Samarcande, le vol dans la rue est rare et marcher le soir dans le centre et sur la promenade du Régistan est la routine. Les vrais risques sont la circulation, la chaleur et le taxi sans prix convenu. Circulation : le piéton n'a pas la priorité, et traverser en dehors d'un passage à feux est la première cause d'accident impliquant des étrangers. Attendez que la voiture soit vraiment arrêtée avant de lui faire confiance. Chaleur : en juillet et août, 35–40 °C d'air sec déshydratent sans prévenir, donc 3 litres d'eau par jour, un chapeau et une pause de 12 h à 16 h. L'eau du robinet ne se boit pas ; prenez de l'eau en bouteille, y compris pour vous brosser les dents si votre estomac est sensible. L'arnaque la plus courante est le taxi sans prix convenu, qui triple en fin de course : fixez le prix avant de monter ou utilisez Yandex Go. Changer de l'argent avec des inconnus est illégal et n'a plus d'intérêt depuis 2017. La police est présente et correcte ; gardez sur vous une copie du passeport et conservez les justificatifs d'hébergement, la registratsiya, que les hôtels et les maisons d'hôtes délivrent automatiquement. Les contrôles sont devenus rares, mais la règle reste en vigueur. Photographier les installations militaires et les bâtiments officiels est interdit, et c'est un sujet dont personne ici ne plaisante.
Codes de politesse
Le pain non ne se pose jamais à l'envers
Le pain non se rompt à la main, ne se coupe jamais au couteau, ne se pose pas tampon vers le bas et ne se jette pas. Laissez les restes de pain sur le muret prévu à cet effet, pas à la poubelle.
La tasse de thé vient à moitié pleine
Une tasse complètement pleine est la façon polie de dire qu'il est déjà temps de partir.
Chaussures retirées dans les mosquées en activité et chez les gens
Dans les madrasas-musées du Régistan, pas besoin de se déchausser ; à Hazrat Khizr, à Khoja Doniyor et dans toute maison où l'on vous invite, si. Prévoyez des chaussettes sans trou.
Salut de la main droite, gauche sur le cœur
Pour saluer, serrez la main de la main droite et portez la gauche au cœur ; entre hommes, la poignée de main se fait souvent à deux mains. Les hommes ne tendent pas la main à une femme à moins qu’elle ne la tende d’abord, et une légère inclinaison de la tête suffit.
On demande avant de photographier des gens
Au bazar, l'autorisation vient presque toujours par un geste ; les dames plus âgées refusent souvent, et le refus est définitif. Évitez de photographier bâtiments officiels, casernes et postes de police.
Le marchandage a sa place
Souzani, tapis, céramique et couteau se négocient, et le premier prix cède en général 20–30 %. Pain, fruits et nourriture au Siab ont un prix fixe, et marchander là sonne mal.
Erreurs à éviter
Samarcande en excursion d'une journée depuis Tachkent
Faire Samarcande en excursion d'une journée depuis Tachkent. Les heures filent vite : l'Afrosiyob aller-retour dans la même journée laisse environ cinq heures en ville, et le seul triangle Régistan–Bibi-Khanym–Chah-i-Zinda les consomme entièrement.
Acheter l’Afrosiyob à la dernière minute
Acheter le billet de train le jour même. En haute saison (avril–mai, septembre–octobre) l'Afrosiyob se remplit une à deux semaines à l'avance, et ce qui reste, c'est le train lent ou le taxi partagé de 4 h.
N’avoir que sa carte
Se déplacer uniquement avec une carte. Le distributeur le plus proche peut être à 2 km de l'endroit où la carte échoue, alors emportez toujours des espèces. Bazar de Siab, taxi de rue, guichet de monument et tchaïkhana de quartier ne fonctionnent qu'en liquide.
Prévoir le Régistan à midi
Voir le Régistan à midi, quand la lumière de face écrase les trois façades carrelées, qui sont justement ce qu'on vient voir. Arrivez à 8 h, à l'ouverture, ou revenez vers 18 h 30, quand le soleil bas frappe les façades.
Supposer que tout le monde parle ouzbek
Supposer que tout le monde parle ouzbek. À Samarcande, le tadjik est la langue de la maison pour une grande partie de la population et le russe est la langue commune entre générations. Pour remercier, « rahmat » fonctionne en ouzbek et en tadjik ; en russe, on dit « spassibo ».
Expressions utiles
Assalomu alaykum
« que la paix soit avec vous », la salutation standard (assalâmou alaïkoum)
Rahmat
merci : valable en ouzbek comme en tadjik (rakhmate)
Kechirasiz
excusez-moi, pardon (ketchirassize)
Qancha turadi?
combien ça coûte ? (kantcha touradi)
Yo'q, kerak emas
non, je n'en ai pas besoin : le refus poli au bazar (yok, kérak émass)
Bir piyola choy
une tasse de thé (bir piyola tchoï)
Quartiers

Le Régistan et l'axe piéton
Le kilomètre entre la place du Régistan et la mosquée Bibi-Khanym est devenu une rue piétonne en 2018–2019, avec boutiques, cafés et police touristique. C'est là qu'on passe la moitié de son temps en ville, et où les prix sont des prix de touriste.

Vieille ville (Siab et les mahallas)
Rues courbes, murs aveugles en pisé, portails en bois et cours intérieures au nord-est du Régistan, entre le bazar et Chah-i-Zinda. On y parle tadjik, les maisons n'ont pas de fenêtre sur la rue et la vie se passe dans la cour. Marchez le matin.
Afrosiab
Les 220 hectares de la ville pré-mongole, au nord : un plateau de terre avec des sentiers, des fouilles ouvertes et le musée des fresques sogdiennes. Pas d'ombre ni de commerces : venez tôt, avec de l'eau.
Ville russe (Universitet xiyoboni)
Tracé en éventail à partir de 1871, au sud-ouest du Régistan : larges avenues, platanes, places rondes, l'université, des cafés avec wifi et les boutiques où les habitants font vraiment leurs courses. C'est la Samarcande du quotidien.
Quartier juif (Mahallai Yahudiyon)
Îlots entre la rue Khudjoum et le Régistan où vivait la communauté juive boukharienne, avec la synagogue Goumbaz (1891) et des maisons à double façade. Il reste peu de familles depuis l'émigration des années 1990 ; l'architecture, elle, est restée.
Bogichamol et les micro-quartiers
Blocs résidentiels soviétiques des années 1960 à 1980 au sud et à l'est, avec des marchés de quartier, des oshxonas bon marché et aucun touriste. C'est là qu'on mange le plov au prix local.
Konigil et Motrid
Villages à 6–8 km au nord-est, toujours dans la municipalité : moulin à eau, atelier de papier de mûrier, vergers et élevage de vers à soie. Taxi de quinze minutes, et une autre échelle de ville.

Silk Road Samarkand (Ipak Yo'li)
Complexe hôtelier et de congrès inauguré en 2022 à l'est, avec lac artificiel, huit hôtels et la Cité éternelle. Construit pour le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai de septembre 2022, il concentre l'hôtellerie de standard international.
Histoire
VIIe s. av. J.-C. · Marakanda, capitale sogdienne
Établissement fortifié sur le plateau d'Afrasiab, au nord de la ville actuelle. Les remparts entouraient environ 220 hectares alimentés par un canal dérivé du Zeravchan.
329 av. J.-C. · Alexandre prend la ville
L'armée macédonienne occupe Marakanda en route vers l'Oxus. C'est lors d'un banquet là-bas qu'Alexandre tue son général Clitos le Noir.
712 · Conquête arabe
Qutayba ibn Muslim prend Samarcande pour le califat omeyyade. Au siècle suivant, l'islam remplace le zoroastrisme, le bouddhisme et le manichéisme des Sogdiens.
751 · Le papier arrive en Occident
Après la bataille de Talas, des artisans liés à la fabrication chinoise du papier auraient installé à Samarcande le premier moulin à papier à l'ouest de la Chine. Le papier de la ville approvisionne Bagdad pendant trois siècles.
1220 · Gengis Khan rase Afrasiab
Les Mongols détruisent les canalisations qui amenaient l'eau au plateau, et Afrasiab est abandonné après dix-huit siècles. La ville renaît plus bas, là où se trouvent aujourd'hui le Régistan et Gour-Emir.
1370–1405 · Capitale de Tamerlan
Tamerlan fait de Samarcande la capitale d'un empire allant d'Ankara à Delhi, et y déporte les artisans des villes qu'il détruit. Bibi-Khanym et Gour-Emir datent de cette période.
1409–1449 · Ulugh Beg et l'observatoire
Le petit-fils de Tamerlan gouverne en astronome. Son sextant méridien, de 40 m de rayon, produit en 1437 le catalogue Zij-i Sultani, avec 1 018 étoiles. Il est assassiné en 1449 sur ordre de son propre fils.
1619–1660 · La place du Régistan complète ses trois façades
Yalangtouch Bahodour fait ériger les madrasas Sher-Dor (1619–1636) et Tilya-Kori (1646–1660) face à celle d'Ulugh Beg. C'est seulement alors que la place gagne les trois façades qu'on voit aujourd'hui.

1868 · Conquête russe
Les troupes du général Kaufman prennent la ville, et l'Empire russe construit au sud-ouest une ville nouvelle aux avenues radiales. Le chemin de fer transcaspien arrive en 1888.

1925–1930 · Capitale soviétique
Samarcande est la capitale de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan pendant cinq ans, jusqu’au transfert à Tachkent en 1930. La grande restauration des monuments viendra plus tard, entre les années 1960 et 1980.

2001–2022 · Patrimoine et reconstruction
L'UNESCO inscrit « Samarcande : carrefour de cultures » en 2001. En 2022 ouvrent le nouveau terminal de l'aéroport et le complexe Silk Road Samarkand, siège du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai en septembre.

Histoire complète
Marakanda, capitale de la Sogdiane
Samarcande commence comme Marakanda, capitale de la Sogdiane, sur le plateau d'Afrasiab, où le canal Siab garantissait l'eau dans une vallée semi-aride. Les Sogdiens n'ont pas formé d'empire : c'étaient des marchands qui tenaient la route de la soie entre la Chine et l'Iran, avec des comptoirs à Turfan et à Chang'an et une langue véhiculaire propre. Les fresques du VIIe siècle découvertes à Afrasiab en 1965 montrent des ambassadeurs chinois, coréens et turcs arrivant à la cour du roi Varkhuman : c'est le portrait le plus direct de ce qu'était la ville avant l'islam.
La conquête arabe change religion et économie
La conquête arabe de 712 change la religion et l'économie. Après la bataille de Talas, en 751, des prisonniers liés à la fabrication chinoise du papier auraient monté ici le premier moulin à papier à l'ouest de la Chine ; le produit approvisionne Bagdad et devient synonyme de qualité pendant trois siècles. Sous les Samanides, aux IXe et Xe siècles, la ville est persane par la langue et musulmane par la foi. Cette double couche explique pourquoi une bonne part de Samarcande parle encore tadjik à la maison et ouzbek au comptoir.
En 1220, la ville se déplace vers l'actuel Régistan
En 1220, Gengis Khan détruit les canalisations qui montaient l’eau jusqu’à Afrasiab, et le plateau habité depuis dix-huit siècles est abandonné ; la ville renaît plus bas, sur le terrain de l’actuel Régistan. Cent cinquante ans plus tard, Tamerlan choisit Samarcande comme capitale et y fait venir de force les artisans des villes qu’il rasait. Bibi-Khanym (1399–1404) a été élevée avec le butin de la campagne indienne, dont quatre-vingt-dix éléphants ramenés de Delhi, et a commencé à s’effondrer dès le XVe siècle : elle était trop grande pour les techniques de l’époque.
Ulugh Beg et l’observatoire (1409–1449)
Le petit-fils de Tamerlan, Ulugh Beg, règne de 1409 à 1449 et consacre son règne à l’astronomie. Son observatoire, doté d’un arc méridien de 40 m de rayon en partie creusé dans la roche, produit en 1437 le Zij-i Sultani, un catalogue de 1 018 étoiles et une mesure de l’année sidérale avec une erreur de moins d’une minute. Auparavant, entre 1417 et 1420, il élève sur le Régistan la madrasa qui porte son nom, la première des trois de la place : la Sher-Dor ne lui fera face qu’à partir de 1619, et la Tilya-Kori, qu’à partir de 1646. Ulugh Beg est décapité en 1449 sur ordre de son propre fils et l’observatoire est démoli ; les ruines ne reviennent au jour qu’en 1908, avec l’archéologue Vassili Viatkine.
Déclin et repeuplement russe, du XVIIIe siècle à nos jours
Du XVIIIe siècle jusqu'en 1868, la ville se réduit et finit presque vide. Ce sont les Russes qui la repeuplent : prise en 1868, elle gagne au sud-ouest une ville nouvelle aux avenues en éventail et aux platanes, tenue séparée de l'ancienne. Samarcande est capitale de la RSS d'Ouzbékistan entre 1925 et 1930, perd ce statut au profit de Tachkent, et passe le reste du XXe siècle en chantier de restauration : une bonne part des céramiques qu'on photographie aujourd'hui est une reconstruction soviétique des années 1960 à 1980. Après 2017, le pays ouvre ses frontières et supprime le visa pour des dizaines de nationalités, dont la brésilienne. En 2018-2019, le tronçon entre le Régistan et Bibi-Khanym devient une allée piétonne, un chantier qui démolit des îlots de l'ancienne mahalla et suscite des critiques en matière de conservation, et depuis 2022 la ville a un nouveau terminal d'aéroport et le complexe Silk Road Samarkand.
Pour élever Bibi-Khanym, quatre-vingt-dix éléphants sont venus de Delhi.
Géographie et forme de la ville
La vallée du Zeravchan et l'eau
Samarcande se trouve à environ 700 m d'altitude, sur des terrasses de la vallée du Zeravchan, un fleuve qui descend des monts du Turkestan et se perd dans le désert avant d'atteindre l'Amou-Daria. L'eau est entièrement d'origine montagnarde et entièrement canalisée, et le canal Siab est la raison même de l'existence d'une ville à cet endroit. Le climat est continental semi-aride : étés de 35–40 °C sans pluie, hivers de 0–8 °C avec neige occasionnelle et environ 330 mm de précipitations par an, concentrées entre novembre et avril.
Couches de la ville : Afrasiab, timouride et russe
Samarcande compte trois couches, du nord au sud-ouest. Au nord se trouve le plateau d’Afrasiab, où s’élevait la ville antique jusqu’en 1220, aujourd’hui un terrain vague que l’on peut parcourir à pied. Au milieu, autour du Régistan, se trouvent les ensembles timourides et les mahallas, aux murs de terre sans fenêtre, où l’on parle tadjik. Au sud-ouest, le quartier planifié par des ingénieurs russes après 1871 a des avenues en éventail, des rues larges et l’ombre de platanes dessinée à dessein.
Les montagnes du Zeravchan et le col de Takhtakaracha
Les montagnes du Zeravchan apparaissent au sud les jours dégagés et marquent le col de Takhtakaracha, à 1 675 m, par où sort la route de Chakhrisabz.
Culture
L'ouzbek sur les panneaux, le tadjik dans la vieille ville
Samarcande est bilingue d'une manière qui ne se voit pas sur les enseignes. L'ouzbek est la langue officielle, écrite en alphabet latin depuis 1993, avec le cyrillique encore présent sur les murs et les menus, mais une bonne part de la vieille ville parle tadjik, une forme de persan, à la maison, et le russe reste la langue du commerce, d'une génération à l'autre. L'islam y est sunnite de l'école hanafite, pratiqué sans ostentation : les madrasas du Régistan sont des musées, et ce sont les mosquées de quartier qui servent au culte. Jusque dans les années 1970, une importante communauté juive boukharienne vivait autour de la rue Khudjoum, avec la synagogue Goumbaz (1891) encore debout ; elle a presque entièrement émigré après 1991.
Le chachmaqam et les six maqams
La musique classique locale est le chachmaqam, cycle de six maqams chantés au tanbur, au doïra et au ghijak, reconnu par l'UNESCO en 2003. Aux mariages, en revanche, ce qu'on entend à la porte, c'est le karnay, une trompe droite pouvant atteindre deux mètres, avec le surnay. L'artisanat vivant a ses adresses : les souzani brodés au point basma, le papier de mûrier refait au village de Konigil depuis les années 1990 par la famille Moukhtarov selon la technique du VIIIe siècle, et la céramique à glaçure turquoise. La ville produit aussi du vin depuis 1868, quand le négociant Dmitri Filatov a ouvert la fabrique qui porte aujourd'hui le nom de Khovrenko et garde une salle de dégustation.
La mahalla et la nuit qui finit tôt
La vie de la vieille ville s’organise dans la mahalla, le quartier aux murs de terre sans fenêtre où l’on parle tadjik à la maison, et c’est là qu’à Navrouz on cuisine le sumalak, une pâte de pousses de blé remuée toute la nuit dans un chaudron commun. La rue, elle, rentre tôt : vers 22 h le centre se vide et il ne reste que les braises des chachliks, et le programme du soir se résume au Régistan illuminé et au complexe Silk Road Samarkand.
À Chah-i-Zinda, la coutume veut qu’on compte les marches à la montée et à la descente : si l’on trouve le même nombre, on est une personne honnête.
La coupole côtelée du mausolée de Gour-Emir, où repose Tamerlan, compte 64 nervures.
Fêtes et événements
Illustration par IANavrouz
21 mars, nouvel an persan et jour férié national. Dans les mahallas, on cuisine le sumalak, une pâte de germes de blé remuée toute la nuit dans un chaudron collectif, avec des spectacles sur les places et du kupkari en périphérie.

Sharq Taronalari (Mélodies de l'Orient)
Festival international de musique créé en 1997, traditionnellement biennal, avec une scène sur la place du Registan. L’édition de 2024 s’est tenue du 26 au 30 août ; les interruptions du calendrier empêchent de déduire la prochaine date de l’alternance des années. Consultez le programme officiel avant de fixer votre voyage.
Illustration par IARouza Hayit et Kourban Hayit
Les deux fêtes islamiques, à dates mobiles selon le calendrier lunaire, sont des jours fériés nationaux. Les familles rendent visite tôt aux proches et aux cimetières, et une bonne part des commerces ferme un ou deux jours.
Illustration par IAFête de l'Indépendance
1er septembre, avec défilé, concert et feux d'artifice. Ça coïncide avec le début de la haute saison d'automne, et les hôtels du centre se remplissent cette semaine-là.
Illustration par IAKupkari (oulak)
De décembre à mars, le week-end, dans les villages de la vallée du Zeravchan : des dizaines de cavaliers se disputent la carcasse d'un bouc en plein champ. Pas de calendrier publié. Demandez à l'hôtel la veille.
Livres et films
Samarcande, d'Amin Maalouf (1988)
Roman qui suit le manuscrit des robaiyat d'Omar Khayyam, du XIe siècle jusqu'au naufrage du Titanic. Il explique le côté persan et scientifique de la ville mieux qu'aucun guide.
Le Cœur perdu de l'Asie, de Colin Thubron (1994)
Voyage en Asie centrale juste après la chute de l'URSS. Le passage sur Samarcande montre une ville prise entre la restauration soviétique et un pays tout juste inventé.
L'Étoile d'Oulougbek, de Latif Faïziev (1964)
Film du studio Uzbekfilm sur l'astronome-souverain et sa chute en 1449, tourné sur les monuments eux-mêmes avant les grandes restaurations.
Questions fréquentes
Samarcande : faut-il acheter le billet du train Afrosiyob à l'avance ?
Oui, en haute saison : en avril, mai, septembre et octobre, l'Afrosiyob est complet une à deux semaines à l'avance, et il ne reste que le train lent ou le taxi partagé de 4 h.
Samarcande : quelle est la monnaie locale ?
La monnaie est le som ouzbek (UZS), en billets de 1 000 à 200 000 : comptez les zéros calmement au comptoir.
Samarcande : quelle est la meilleure période pour y aller ?
Avril et mai sont la meilleure fenêtre : 20 à 28 °C, abricotiers et grenadiers en fleur, tout est ouvert.
Samarcande : quelles règles respecter avec le pain non à table ?
Le pain non se rompt à la main, ne se coupe jamais au couteau, ne se pose pas tampon vers le bas et ne se jette pas. Laissez les restes de pain sur le muret prévu à cet effet, pas à la poubelle.
Samarcande : est-il sûr de marcher dans le centre la nuit ?
La criminalité violente est très faible à Samarcande, le vol dans la rue est rare et marcher le soir dans le centre et sur la promenade du Régistan est la routine.







